Description du produit
LE LIVRE
Il est toujours délicat de trouver une formule de mots – sauf à l’emporte-pièce – qui permette de mettre en relief les caractéristiques et les atouts d’un département. D’autant plus quand sa superficie (877 122 ha) le situe au cinquième rang français. Encore fut-il amputé, en 1806, du canton de Saint-Antonin-Noble-Val rattaché au Tarn-et-Garonne, nouvellement créé.
Pour l’œil avisé du photographe itinérant René Gilabert, l’Aveyron ne se conçoit pas hors de sa variété. De paysage bien sûr qui impacte durablement sur l’architecture, les mentalités et les activités humaines. La tentation est donc grande – et la majeure partie des ouvrages consacrés à l’Aveyron y ont succombé avec facilité – de découper ce département en territoires bien distincts, possédant chacun leurs propres caractéristiques. Tout à première vue – avouons-le – contribue à cette organisation spatiale. À la Montagne étagée du massif aubracien, du Carladez et de la Viadène s’oppose la platitude des causses du sud (Larzac, causse Noir, causse Méjean). Quand la première se rapproche plus des monts cantaliens et lozériens au point de pouvoir revendiquer une véritable unité géophysique et agro-pastorale basée sur l’élevage, les seconds se tournent, malgré la fracture ayant contribué à la formation de leur plateau, vers le midi méditerranéen dont ils épousent la douceur climatique et une végétation adaptée.
Des contrastes qui se déclinent à foison entre le Ségala céréalier et les monts du Lévezou et du Lagast ; entre le Villefranchois quercynois et le rougier du Camarésis ; entre les vertigineuses gorges du Tarn et de l’Aveyron comparés à la douceur des coteaux de la vallée du Lot marquetés de vignes.
Dans le regard du faiseur de mots, originaire d’ici et dont le cœur n’a jamais réussi à en percer la frontière, cette diversité n’est pas antinomique de l’harmonieuse unité qui s’en dégage quand le temps permet de l’apprivoiser.
Sans doute doit-on cette unité à l’Histoire, les limites de l’Aveyron correspondant peu ou prou aux frontières de l’ancienne province du Rouergue au point que les Aveyronnais, par tradition et peut-être par indépendance vis-à-vis d’un pouvoir trop centralisateur, se désignent encore comme Rouergats.
Sans doute la « claustralité » légendaire de ce territoire fermé aux quatre points cardinaux par des accidents du relief (montagne, gorges, plateaux) a-t-elle renforcé cette unité de lieu qui veut que l’on se sent avant tout Aveyronnais. Un état d’esprit qui s’est exporté à Paris au sein de la communauté aveyronnaise et même jusqu’au bout du Monde, à l’image de la ville argentine de Pigüé, fondée en 1884 par Clément Cabanettes.
Sans doute le désenclavement routier (A75 et RN88 à deux fois deux voies), le brassage des populations et l’ouverture à la mondialisation
contribueront-ils à l’évolution de cette unité qui se traduit aussi par l’appartenance à des signes distinctifs : le couteau de Laguiole ; le Roquefort ; l’aligot et désormais le viaduc de Millau qui symbolise à la fois la volonté d’être (« volem viuvre al païs ») et de paraître.
Aussi, l’entière architecture de l’ouvrage que vous allez butiner de texte en photos repose sur cette indispensable association entre la diversité et l’harmonie. Dépassant l’unité géographique des lieux, il s’agit bien d’entrer non dans des clichés surannés mais bel et bien dans l’intimité de ce département à travers des thèmes unificateurs qui en sont l’essence même. Alors son pouvoir de séduction n’en sera que plus grand et ce faisant, notre contribution point vaine qui vous fera aimer cet Aveyron aux multiples facettes comme l’aiment ceux qui y sont nés avant d’y grandir. Avant peut-être que vous l’adoptiez.
Il est toujours délicat de trouver une formule de mots – sauf à l’emporte-pièce – qui permette de mettre en relief les caractéristiques et les atouts d’un département. D’autant plus quand sa superficie (877 122 ha) le situe au cinquième rang français. Encore fut-il amputé, en 1806, du canton de Saint-Antonin-Noble-Val rattaché au Tarn-et-Garonne, nouvellement créé.
Pour l’œil avisé du photographe itinérant René Gilabert, l’Aveyron ne se conçoit pas hors de sa variété. De paysage bien sûr qui impacte durablement sur l’architecture, les mentalités et les activités humaines. La tentation est donc grande – et la majeure partie des ouvrages consacrés à l’Aveyron y ont succombé avec facilité – de découper ce département en territoires bien distincts, possédant chacun leurs propres caractéristiques. Tout à première vue – avouons-le – contribue à cette organisation spatiale. À la Montagne étagée du massif aubracien, du Carladez et de la Viadène s’oppose la platitude des causses du sud (Larzac, causse Noir, causse Méjean). Quand la première se rapproche plus des monts cantaliens et lozériens au point de pouvoir revendiquer une véritable unité géophysique et agro-pastorale basée sur l’élevage, les seconds se tournent, malgré la fracture ayant contribué à la formation de leur plateau, vers le midi méditerranéen dont ils épousent la douceur climatique et une végétation adaptée.
Des contrastes qui se déclinent à foison entre le Ségala céréalier et les monts du Lévezou et du Lagast ; entre le Villefranchois quercynois et le rougier du Camarésis ; entre les vertigineuses gorges du Tarn et de l’Aveyron comparés à la douceur des coteaux de la vallée du Lot marquetés de vignes.
Dans le regard du faiseur de mots, originaire d’ici et dont le cœur n’a jamais réussi à en percer la frontière, cette diversité n’est pas antinomique de l’harmonieuse unité qui s’en dégage quand le temps permet de l’apprivoiser.
Sans doute doit-on cette unité à l’Histoire, les limites de l’Aveyron correspondant peu ou prou aux frontières de l’ancienne province du Rouergue au point que les Aveyronnais, par tradition et peut-être par indépendance vis-à-vis d’un pouvoir trop centralisateur, se désignent encore comme Rouergats.
Sans doute la « claustralité » légendaire de ce territoire fermé aux quatre points cardinaux par des accidents du relief (montagne, gorges, plateaux) a-t-elle renforcé cette unité de lieu qui veut que l’on se sent avant tout Aveyronnais. Un état d’esprit qui s’est exporté à Paris au sein de la communauté aveyronnaise et même jusqu’au bout du Monde, à l’image de la ville argentine de Pigüé, fondée en 1884 par Clément Cabanettes.
Sans doute le désenclavement routier (A75 et RN88 à deux fois deux voies), le brassage des populations et l’ouverture à la mondialisation
contribueront-ils à l’évolution de cette unité qui se traduit aussi par l’appartenance à des signes distinctifs : le couteau de Laguiole ; le Roquefort ; l’aligot et désormais le viaduc de Millau qui symbolise à la fois la volonté d’être (« volem viuvre al païs ») et de paraître.
Aussi, l’entière architecture de l’ouvrage que vous allez butiner de texte en photos repose sur cette indispensable association entre la diversité et l’harmonie. Dépassant l’unité géographique des lieux, il s’agit bien d’entrer non dans des clichés surannés mais bel et bien dans l’intimité de ce département à travers des thèmes unificateurs qui en sont l’essence même. Alors son pouvoir de séduction n’en sera que plus grand et ce faisant, notre contribution point vaine qui vous fera aimer cet Aveyron aux multiples facettes comme l’aiment ceux qui y sont nés avant d’y grandir. Avant peut-être que vous l’adoptiez.